Nanterre, Institut des Sciences sociales du Politique (ISP, UMR 7220 du CNRS) (16/02/09)

, par Admin

Nous, membres de l’Institut des Sciences sociales du Politique (ISP, UMR 7220 du CNRS) de
statuts différents, nous sommes assemblés en réunion extraordinaire le 16 février 2009.

Depuis la Loi
de programmation pour la Recherche de 2006 et la loi LRU de 2007 (conséquences de la LOLF), nous
constatons l’aggravation du processus de destruction du système de recherche et d’enseignement
supérieur public, accéléré par le gouvernement actuel. Nous déplorons, en particulier, la
transformation du CNRS en agence de moyens, déjà mise en œuvre avec la complicité active de la
direction de l’organisme. Nous exprimons notre indignation face à l’agressivité et au mépris affichés
vis-à-vis de la communauté scientifique par le président de la République dans son discours du 22
janvier 2009 fondé sur de multiples appréciations erronées.

Nous tenons à affirmer notre attachement :

- au principe d’un service public de l’enseignement et de la recherche

- à l’indépendance académique et, plus généralement, à celle des métiers du savoir
- au modèle de l’évaluation scientifique qualitative par des pairs.

Nous tenons à nous déclarer partie prenante du mouvement actuel pour la défense du service
public d’enseignement supérieur et de recherche. Nous soutenons activement le mouvement de lutte
des personnels de l’Université et, plus particulièrement, de l’Université Paris Ouest Nanterre et de
l’Ecole Normale Supérieure de Cachan.

Nous exigeons :

- Un CNRS intégralement rétabli dans ses fonctions d’opérateur national de recherche à caractère
pluridisciplinaire

- La restitution et le maintien de l’intégralité des prérogatives du CoNRS (Comité National de la
Recherche Scientifique).

- Le retrait immédiat et sans conditions du projet de décret sur le statut des enseignants-chercheurs et
de la LRU

- Le retrait du projet sur la « mastérisation » des concours de recrutement

- Le retrait du projet de « contrat doctoral unique » et la reconnaissance véritable du travail de
recherche et d’enseignement des doctorants.

- Le rétablissement de TOUS les postes supprimés et l’annonce d’un plan pluriannuel pour l’emploi
(c’est-à-dire la création de nouveaux postes).

- L’arrêt de la politique de précarisation. Nous attirons l’attention sur la situation des jeunes
doctorants, chercheurs et personnels précaires. Ils sont des membres actifs des laboratoires et impliqués
dans des activités d’enseignement et de recherche et constituent, à ce titre et malgré leur précarité,
l’avenir des universités et des laboratoires.

- La mise en place d’un véritable processus collectif de réflexion et d’élaboration sur l’avenir des études
doctorales en France avec TOUS les acteurs de l’enseignement supérieur et de la recherche concernés.

- La mise en place d’un débat et d’une négociation sur la base des propositions de réforme déjà
formulées, notamment par les Etats généraux de la recherche (novembre 2004) et par les instances
existantes (comité national, CNU, conseils universitaires et conseils d’organismes, syndicats,
associations et coordinations nationales) avec un calendrier suffisant pour permettre une véritable
réforme.

Par conséquent :

- Les membres de l’Institut des Sciences sociales du Politique refusent désormais, chacun à la
mesure de ses moyens et de ses responsabilités, de contribuer à la destruction de l’actuel
système de recherche et d’enseignement de notre pays. Nous soutenons le boycott de
l’AERES, de l’évaluation des projets ANR et des jurys de chaires mixtes
universités/organismes (anciennement dites d’excellence).

- Entre autres modalités d’action contre les « réformes » en cours, nous décidons d’ajourner les
séminaires prévus les jours de mobilisation.

- L’ISP se déclare « Laboratoire en lutte ».

Motion votée à l’unanimité des présents le 16 février 2009.