Paris, ArScAn en lutte (06/02/09)

, par Administrateur

« Notre UMR ArScAn (Archéologies et Sciences de l’Antiquité) s’est prononcée nettement et très
rapidement en soutien à l’appel du C3N.

Depuis, la situation de la Recherche et de l’Enseignement supérieur n’a cessé de se dégrader. Nous
sommes profondément inquiets face aux réformes récentes, en cours et à venir qui touchent
l’université et le CNRS, et nous opposons à leurs conséquences :

- déstructuration des cadres existants à l’encontre de la cohérence scientifique et de la
continuité disciplinaire du CNRS,
- menace de déstabilisation et de disparition de champs entiers de la recherche par la
réduction du CNRS à une simple agence de moyens,
- volonté de subordonner la recherche et l’enseignement supérieur à des objectifs définis par
les décideurs politiques et les nécessités économiques du moment ou du lieu,
- mise en place de systèmes concurrentiels poussant individus et structures à des rivalités
inutiles et malsaines alors qu’il faudrait renforcer les coopérations sur des bases de
programmations scientifiques,
- mise en place accentuée de procédures d’évaluation mécaniquement technocratiques sur des
bases quantitatives étroites,
- disparition progressive des nécessaires instances de contrôle et d’évaluation comprenant des
élus (remplacés par des nommés),
- précarisation croissante des emplois comme des programmes de recherche,
- limitation des perspectives pour les étudiants (dont la fin des post-docs CNRS), les
chercheurs et ITA (programmation de la baisse rapide et de l’anéantissement des effectifs
permanents), les enseignants-chercheurs (nouveau statut), etc.

La surdité du Ministère de la Recherche et de l’Enseignement Supérieur face aux arguments des
enseignants-chercheurs, chercheurs, personnels techniques et administratifs, étudiants, n’a d’égal
que le dogmatisme, le mépris et la provocation des plus hautes instances de l’Etat, le discours
présidentiel du 22 janvier, dépassant tout ce que l’on aurait pu imaginer. Nous nous élevons contre
cette stigmatisation de personnels qui donnent leur maximum, avec les moyens dont ils disposent,
pour contribuer à une production scientifique de haute qualité, internationalement reconnue, et pour
assumer pleinement leur rôle dans la formation à et par la recherche. La journée du jeudi 29 janvier,
à laquelle notre UMR a largement participé, a montré la force du refus de cette politique
calamiteuse.

C’est pourquoi nous nous déclarons « Laboratoire en lutte » et appelons tous les personnels et les
étudiants à se mobiliser pour arrêter cette casse systématique de la recherche et de l’enseignement
supérieur.

La recherche et l’enseignement supérieur doivent être des forces pour l’avenir et nous voulons une
organisation et des moyens publics qui garantissent vraiment un fonctionnement efficace, pérenne
et dans la continuité disciplinaire. Nous ne sommes pas réfractaires aux changements : depuis des
années chercheurs et enseignants-chercheurs élaborent des propositions systématiquement
détournées ou ignorées. Qu’elles soient enfin entendues ! »

Vendredi 6 février 2009
CNRS - Université de Paris I - Université de Paris X – Ministère de la Culture et en convention avec l’INRAP
ArScAn en lutte