Paris, Centre Maurice Halbwachs, UMR 8097 (24/02/09).

, par Admin

Bonjour,

Pour information, cette motion du Centre Maurice Halbwachs a été lue à l’accueil du comité de visite de l’AERES ce lundi 2 mars.
Les doctorants du CMH ont également profité de la possibilité d’être écoutés pour lire une motion et questionner les experts sur leur positionnement sur l’évolution actuelle de l’enseignement et de la recherche, et sur les modes de nomination/cooptation des experts AERES.

Le comité de visite nous a écouté avec attention et intégrera sans doute nos motions dans le rapport. Les représentants du CNU et du CNRS ont plaidé pour la rétention du rapport, alors que certains experts, dont le président du comité de visite, seraient plutôt pour l’envoi du rapport.
La décision sera décidée collectivement après rédaction du rapport dans les prochains jours.

*Motion – Assemblée Générale du Centre Maurice Halbwachs – 24 février
2009*

En préambule, nous tenons à rappeler que nous sommes attachés au principe de l’évaluation scientifique de nos activités et de nos institutions d’enseignement et de recherche.

Nous sommes partie prenante du mouvement actuel de mobilisation dans les universités et dans les laboratoires pour la défense du service public d’enseignement supérieur et de recherche. Nous soutenons l’ensemble des revendications portées par le C3N du 9 février, la coordination nationale des universités du 11 février et par l’AG des personnels au siège du CNRS le 12 février. Dans le cadre de ce mouvement, nous sommes réunis en Assemblée Générale le 24 février pour nous déclarer « laboratoire en lutte » pour la recherche et l’enseignement supérieur.

Nous soutenons activement le mouvement de lutte de l’ensemble des personnels de nos institutions de rattachement (le CNRS, l’EHESS, l’ENS et l’Université de Caen).

Concernant l’évaluation scientifique, nous demandons :
- le respect du modèle de l’évaluation scientifique par des pairs élus, sur le double principe intangible de l’indépendance académique et de la compétence scientifique
- en conséquence, conformément aux canons des institutions scientifiques, les nouvelles instances (AERES et ANR) doivent comporter un conseil scientifique et une majorité de responsables et d’experts élus par l’ensemble de la communauté scientifique
- les comités de visite AERES doivent comporter des représentants ITA.

Concernant plus largement la recherche et l’enseignement supérieur, nous demandons solidairement :
- le rétablissement de près de 2.000 postes supprimés en 2009
- la relance de l’emploi scientifique sous forme de postes permanents pour toutes les catégories de personnels de l’enseignement supérieur et de la recherche
- le transfert des crédits ANR vers les EPST et les universités pour leur donner les moyens de recruter sur postes statutaires et de mener à bien une politique scientifique autonome
- la reconnaissance du rôle central du CNRS en tant qu’opérateur de recherche dans l’ensemble des champs disciplinaires
- le retrait du projet de décret sur le statut des universitaires
- le retrait du projet de réforme de la formation et du recrutement des enseignants des premier et second degrés
- le retrait du projet de contrat doctoral.

Les membres du Centre du Maurice Halbwachs refusent, chacun à la mesure de ses moyens et de ses responsabilités, de contribuer à la destruction de l’actuel système de recherche et d’enseignement de notre pays.

Conformément à l’appel du C3N, nous soutenons le moratoire des expertises de l’AERES et de l’ANR et demandons aux experts de ne pas transmettre leurs rapports à ces instances.

Adoptée à l’unanimité des présents, le 24 février 2009, à Paris.


Motion des doctorant-e-s du Centre Maurice Halbwachs pour la visite de l’AERES

Nous, doctorantes et doctorants du Centre Maurice Halbwachs, sommes partie prenante du mouvement actuel de mobilisation dans les universités et dans les laboratoires pour la défense du service public d’enseignement supérieur et de recherche.

Nous nous inscrivons ainsi dans la démarche de l’ensemble du laboratoire, présentée dans la motion votée par l’Assemblée Générale du CMH qui vous a été lue ce matin.

Nous souhaitons toutefois apporter des éléments complémentaires :

- En ce qui concerne la mobilisation, nous élaborons actuellement des revendications spécifiques à la situation des doctorants, jeunes docteurs, et plus généralement au personnel non-titulaire de la recherche et de l’enseignement. La « condition doctorale » se caractérise, par-delà son hétérogénéité, par une grande précarité de l’ensemble des doctorants et jeunes docteurs, et cela alors même que leur contribution est essentielle à la qualité et au dynamisme de l’activité des laboratoires. Par ailleurs, le projet de contrat doctoral unique ne résout pas les difficultés de formation et d’insertion des jeunes chercheurs. Il renforce le rapport de domination entre le doctorant et ses institutions de rattachement, notamment par l’instauration d’une période d’essai, par des injonctions aux résultats en contradiction avec les temporalités de la recherche, ou encore par la disparition de la charte des thèses.

- Cette mobilisation des doctorants du CMH doit être prise pour ce qu’elle est vraiment, à savoir une lutte politique pour l’amélioration du système public d’enseignement et de recherche. Les revendications que nous portons ne sont donc pas adressées contre notre laboratoire, mais bien contre une situation dramatique des jeunes chercheurs, situation qui ne peut que se dégrader compte tenu des suppressions de postes et de la précarisation des personnels à l’université et dans les laboratoires de recherche. Ces régressions émanant des projets de décrets d’application de la loi dite « relative aux libertés et responsabilités des universités », les doctorants du CMH adhèrent à la demande d’abrogation de la loi LRU formulée par la Coordination nationale des universités le vendredi 20 février.

Nous avons décidé de profiter de la visite de l’AERES pour exprimer ces positions. Toutefois, nous sommes particulièrement mal à l’aise quant à cette visite, dont nous redoutons les impacts qu’elle pourrait avoir.

Malgré la qualité scientifique indiscutable des évaluateurs, nous sommes opposés à l’idée que le laboratoire soit évalué par une instance non élue, selon des critères qui n’ont pas été soumis à discussion au sein de la communauté scientifique. Nous regrettons que l’AERES procède à des notations des laboratoires, des formations et des revues avec des échelles de notes (A+, A, B, C) empruntées aux agences de notation financière, qui sont particulièrement mal adaptées à la richesse et au pluralisme de l’enseignement supérieur et de la recherche.

Ainsi :

- Nous réitérons la demande aux évaluateurs émise par l’assemblée générale du CMH les enjoignant à ne pas rendre leurs rapports d’évaluation.

- Dans le cas où ils ne donneraient pas suite à cette demande, nous leur demandons d’inclure la motion présente, dans son intégralité, dans le rapport d’évaluation.

- Nous demandons que la session réservée aux doctorants dans le cadre de cette visite commence par un débat avec le comité sur les modalités d’évaluation de l’activité scientifique, et sur les réformes actuelles de l’enseignement et de la recherche.

Lue devant le comité de visite, le 2 mars 2009, à Paris.