Paris, UMR 7206 Éco‐anthropologie et ethnobiologie (16/03/09)

, par Admin

Motion de l’UMR 7206 Éco‐anthropologie et ethnobiologie,
votée en AG le lundi 16 mars 2009 au Muséum national d’Histoire
naturelle, Paris.

(Sur 42 votants : 39 oui, 2 abstentions, 1 non)

L’UMR 7206 « Éco-Anthropologie et ethnobiologie », réunie en Assemblée Générale,
manifeste son inquiétude pour l’avenir des métiers de la recherche et des instances qui la font
vivre et exprime sa solidarité avec le mouvement de contestation des enseignants-chercheurs
(modification du statut et de la formation).

Nous demandons :

- Le maintien de toutes les UMR, outil de coopération efficace entre universités et
organismes de recherche.

- L’annonce d’un plan pluriannuel pour l’emploi incluant :

- dès 2009, le rétablissement de tous les postes supprimés dans l’enseignement
supérieur et la recherche (chercheurs et ITA),

- la garantie du maintien des postes des agents qui partent en retraite afin d’assurer
le recrutement régulier de jeunes chercheurs statutaires.

- Un remaniement et une remise à plat du mode de fonctionnement de l’ANR :

- transparence des décisions et intégration de personnels élus représentatifs,

- augmentation de la part des appels non thématisés et de leur dotation,

- rééquilibrage entre les budgets de l’ANR et ceux des organismes de recherche et
des universités pour la création des différents postes statutaires et l’augmentation
des crédits de base des laboratoires.

- Le rétablissement du CNRS dans ses fonctions d’opérateur de la recherche, son rôle étant :

- de déterminer la politique de la recherche sur le long terme,

- de veiller à l’équilibre entre recherche fondamentale et recherche appliquée,

- d’assurer le maintien et la transmission de tous les champs du savoir,

- de poursuivre l’évaluation scientifique des personnels et de prendre en charge celle
des laboratoires (en collaboration avec les instances d’évaluation des organismes
en co-tutelle s’il y a lieu)

- de préserver la proportion de membres nommés et élus dans les instances
d’évaluation.

- En ce qui concerne l’évaluation : la prise en compte et la reconnaissance :

- de la diversité de l’activité professionnelle, par-delà les critères strictement
bibliométriques,

- de l’originalité des parcours de chercheurs et de l’imagination scientifique,

- des spécificités des différentes disciplines (longs séjours de terrains, manipulations
biologiques, etc.),

- de la diversité et de la complémentarité des registres et des supports d’expression
(les différentes catégories de revues, les ouvrages et chapitres d’ouvrages, mais
aussi les expositions, les collections, les films, les conférences, la vulgarisation, les
publications multimédias, etc.).

- Pour les doctorants :

- nous reconnaissons l’importance de leur donner accès à un véritable statut, à des
droits, à des moyens et à une reconnaissance professionnelle de leur travail,

- notre inquiétude porte sur le contrat doctoral (origine des financements, fléchage
des sujets de thèse, conditions du licenciement et période d’essai),

- nous demandons l’augmentation du nombre de financements, la modulation de la
durée officielle des thèses (respect de la spécificité des disciplines en particulier
celles avec une nécessité de long terrain) et la garantie d’une liberté de choix pour
les sujets.

- Pour les post-doctorants :

- L’augmentation des subventions postdoctorales et la garantie que les projets ANR
ne concentrent pas tous les moyens de la recherche post-doctorale.

- Des discussions avec le ministère de la Recherche et de l’enseignement supérieur pour
déterminer l’avenir du CNRS et de l’ensemble des EPST, en valorisant les acquis de la
réflexion conduite depuis les États généraux de la recherche en 2004, afin d’élaborer, dans la
concertation avec les acteurs, une nouvelle réforme de l’organisation de la recherche et de
l’enseignement.

Jusqu’à ce que ces objectifs soient atteints, nous affirmons notre entière solidarité avec le
mouvement de grève des enseignants-chercheurs et nous appelons :

• au boycott de l’AERES, en refusant les demandes d’expertise des équipes,

• au moratoire des expertises à l’Agence nationale de la recherche,

• à la non transmission des rapports d’activité individuels,

• à la non transmission des rapports d’activité quadriennaux des laboratoires.

Le laboratoire Écoanthropologie et ethnobiologie (UMR 7206) se joint au mouvement des
laboratoires en lutte.